lundi 2 décembre 2013

CPS X vs La Vieuse

Il erre comme une âme en peine sur le bord des terrains, blessé au propre comme au figuré. Capitaine abandonné, Etienne repense à Gold, ce groupe des années 80 qu’il a tant aimé, allant même jusqu’à taguer le nom de ses idoles sur sa combinaison de surf préférée. Les premières paroles de cette chanson, « Capitaine abandonné » justement, disaient : « Ils sont partis pour gagner… Ouh ouh ouh… mais ils ne sont jamais rentrés… Ouh ouh ouh… ». En effet, depuis le début de saison, la Deuze n’est jamais rentrée dans ses matchs et Etienne, l’œil luisant de larmes, n’y peut rien changer, amoindri par les défaillances de son dos, un dos malmené dans sa jeunesse par l’abus de jerk sur les pistes de danse bordelaises. S’il pouvait, il s’arracherait les cheveux. Mais même ça, il ne peut pas, pour des raisons de patrimoine capillaire défavorable.

Il ronge son frein, Etienne, père courage plein d’abnégation, constatant qu’Alexandre, Dorian et JP peuvent se targuer d’un meilleur bilan à la presque fin des matchs allers. Même Jacques, avec son équipe de scouts et de vieux (des grognards qui n’aiment rien tant que célébrer la victoire sous les douches, transformant en hommes des jeunes garçons encore naïfs), peut se vanter d’un démarrage plus flatteur.
Il se demande quelle politique adopter pour inverser la tendance. 3 défaites contre 1 victoire, c’est trop peu pour espérer jouer les premiers rôles dans une poule dominée par des terreurs d’un autre monde (le monde des C et des B, inaccessible).
Il a songé à la politique de la terreur (« Si vous continuez comme ça, vous irez faire des pompes chez JP et lui baiserez les pieds pour avoir le droit de ramasser les volants ! »), la politique des bisous (« Oui, mon Laurent, tu peux te permettre de perdre contre un NC tant que tu lui prends un set ! »), la politique de la récompense (« Anthony, si tu gagnes le premier set, je te paye une bière et une clope avant de commencer le 2ème set »), la politique de la flatterie (« Séverine, Céline, vous êtes belles quand vous transpirez ensemble ! »), la politique dite « Erasmus » (« Klara, ich bin dein Kapitain ! »), la politique du coup bas (« Guillaume, je te promets que tu joueras plus dès que j’aurai trouvé le moyen de virer tous ces baltringues ») ou encore la politique de la préférence des grands vétérans (« Bruno, dans tes doubles avec Séverine ou Anthony, j’ai bien vu que c’est toi qui tenais la baraque grâce à ton immense expérience »).

Pour le moment, il prend le parti de la colère froide, de la résignation temporaire, du recours aux marabouts de Barbès qui lui prédisent un grand avenir de manager d’équipe une fois de retour sur les terrains. La Deuze a besoin, peut-être, de toucher le fond pour rebondir. Mais, pour le moment, tel un volant qui atterrit sur une surface synthétique, la Deuze ne rebondit pas bien haut. Après en avoir parlé avec Radouane qui lui suggère la politique du coup de trique ou de la spiruline, il compte désormais sortir son joker : « Capitaine abandonné », l’hymne fédérateur, celui qui fait monter les larmes aux yeux. Au pire, ça lui rappellera ses années jerk à Bordeaux…

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